Préserver aujourd'hui, garantir demain. Ensemble.
Trente-trois habitants, étudiants, entrepreneurs et professionnels de l'eau se sont réunis une journée entière pour répondre à une question simple et vertigineuse : comment garantir l'eau du Pays Salonais en 2050 ? Voici ce qu'ils ont produit.
Ce que la journée a produit
Les équipes ont été constituées sur place, le matin même, volontairement mélangées : personne n'est resté avec ses collègues. Onze heures plus tard, chacune défendait son projet devant un jury — sous un nom qu'elle s'était choisi dans la journée. Les voici, dans l'ordre des groupes.
Récupérer les eaux grises du logement — douche, lavabo, lave-linge — pour remplir le réservoir des toilettes. Un geste invisible, répété plusieurs fois par jour et par foyer.
Mettre en relation les agriculteurs du Pays Salonais et ceux du nord de l'Afrique, qui affrontent depuis longtemps la sécheresse que nous découvrons, pour partager les pratiques qui marchent.
Rassembler les mesures d'eau du département en un seul jeu de données, pour construire des scénarios et donner aux décideurs de quoi anticiper plutôt que subir.
Des échanges longs entre exploitations françaises et burkinabè, pour rapporter et adapter ici des solutions durables éprouvées là-bas.
Équiper le réseau d'arrosage municipal de capteurs qui commandent l'ouverture et la fermeture des vannes selon la météo réelle. On n'arrose plus parce que c'est l'heure, mais parce que les plantes en ont besoin — et la ville cesse d'arroser sous la pluie.
Pourquoi ce projet ? Le jury a retenu ce projet pour sa simplicité de mise en œuvre, son effet mesurable dès la première saison, et le fait qu'il s'appuie sur un réseau qui existe déjà.
Nous l'avions annoncé avant la journée et nous le maintenons : au moins un de ces projets sera accompagné pour voir réellement le jour sur le territoire. Si l'un d'eux vous parle — comme porteur, comme partenaire ou comme collectivité — écrivez-nous.
Pourquoi ce projet
En 1554, un ingénieur de Salon-de-Provence nommé Adam de Craponne regarde la Durance — une rivière qui inonde l'hiver et s'assèche l'été — et décide de la dompter plutôt que de la subir. Son canal transforme le désert de pierres de la Crau en l'une des terres les plus fertiles de France.
Cinq siècles plus tard, son canal fournit encore près de la moitié de l'eau du robinet salonais. Mais le contexte a changé : la neige des Alpes qui alimente la Durance se raréfie, les étés s'allongent, et la ressource baisse.
2026 marque les 500 ans de la naissance d'Adam de Craponne. La Jeune Chambre Économique de Salon-de-Provence a choisi de fêter cet anniversaire autrement que par une commémoration : en remettant les habitants au travail sur la même question que lui.
Dans le Pays Salonais, l'eau vient presque entièrement de la Durance, alimentée par la fonte des neiges des Hautes-Alpes et acheminée par les canaux de Craponne. Avec la baisse de l'enneigement, la ressource diminue. Comment réduire durablement notre consommation d'eau face à cette raréfaction ?
C'est quoi, un hackathon ?
Un hackathon, c'est une journée pendant laquelle des gens qui ne se connaissent pas se réunissent pour s'attaquer à un problème concret. On forme de petites équipes, on part d'une page blanche le matin, et le soir chacune présente une idée construite.
Il n'y a aucune compétence technique requise. Ni ingénieur, ni informaticien, ni spécialiste de l'eau. Les meilleures idées viennent souvent de ceux qui regardent le problème avec un œil neuf : un habitant, un lycéen, un agriculteur, un commerçant. Ce qu'on vous demande, c'est de la curiosité et une journée.
Accueil, mise à niveau sur les enjeux de l'eau du territoire, puis constitution d'équipes volontairement mélangées.
Ateliers collaboratifs et créatifs. On fait sortir les idées, beaucoup, sans filtre, avant de choisir celle qu'on veut creuser.
L'idée devient un projet : à quoi elle sert, pour qui, comment elle marche. Des experts de l'eau et de l'innovation passent de table en table.
Chaque équipe présente son projet devant un jury, en quelques minutes. Puis on trinque tous ensemble.
Et c'est ce qui s'est passé. Le 3 octobre, cinq équipes se sont formées le matin même et ont présenté cinq projets le soir. Les voici.
Le déroulé
Voici comment la journée s’est déroulée, pauses et repas compris. Les horaires ont bougé de quelques minutes ici et là — on s’est adapté au rythme des équipes — mais l’ossature est bien celle-là.
La partie travail se termine à 17h40. Ce qui suit — les pitchs, les résultats, le cocktail — c’est la récompense, pas du travail en plus.
Pour qui
La journée était ouverte à tous les habitants du Pays Salonais, quels que soient leur âge et leur profil. C'était même le principe : plus les regards sont différents, meilleures sont les idées. Le pari a tenu.
Vous vivez ici, vous voyez le territoire au quotidien. C'est exactement le point de vue qui manque le plus souvent aux experts.
Dès 15 ans. C'est votre avenir qui se joue dans ces décisions — et une belle ligne à raconter par la suite.
Environnementales, éducatives, de quartier : vous connaissez le terrain et les gens. Venez proposer, animer, mobiliser.
Pour apporter votre savoir-faire, accompagner une équipe, rejoindre le jury ou soutenir l'événement.
Merci
Une journée comme celle-là ne tient pas toute seule.
Famille Ravoire nous a ouvert ses portes : une salle, des tables, du café, et la confiance de nous laisser y passer la journée.
Le SMAVD et Vilivia sont venus poser les vrais chiffres du territoire le matin — les ordres de grandeur, les contraintes réelles, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Sans cette heure-là, l'après-midi n'aurait produit que des intentions.
Nos quatorze partenaires ont rendu la journée possible, financièrement ou en nature. Les bénévoles de la Jeune Chambre Économique l'ont portée pendant des mois.
Et surtout : trente-trois personnes ont donné leur samedi pour imaginer autre chose. C'est la seule chose qui ne se remplace pas.
Une question sur la journée ou sur l'un des projets ? Écrivez-nous à salondeprovence@jcef.asso.fr
Se préparer
Nous avons préparé un module en ligne gratuit : « L'Or Bleu en Provence ». Il raconte d'où vient notre eau, qui la consomme, comment Adam de Craponne a déjà transformé ce territoire, et par où passent les solutions d'aujourd'hui.
Il a servi à préparer les participants avant le 3 octobre. Le hackathon est passé, le module reste : il est toujours accessible, gratuitement, à qui veut comprendre d'où vient l'eau de ce territoire.
Quatre modules courts, des chiffres sourcés sur notre territoire, et un quiz pour vérifier ce qui est resté. À faire quand vous voulez, depuis un ordinateur ou un téléphone.
Infos pratiques
Ils soutiennent l'événement
Nom du partenaire · Nom du partenaire · Nom du partenaire
Et maintenant
Adam de Craponne n'a pas attendu qu'on lui apporte la solution. Cinq siècles plus tard, cinq équipes s'y sont remises en une journée. La suite demande davantage qu'un samedi — et elle commence par un message.